• Jérémie Leblond-Fontaine

Les Îles de la Madeleine - 02 - J’aurais dû rester couché

La nuit a été terrible niveau météo. Le vent soufflait à plus de 80kmh en fouettant la pluie sur les fenêtres de la maison. Le son était intense à l’intérieur, le vent grondait à l’extérieur. Je n’ai pas énormément dormi cette nuit-là. Je ne sais pas si c’est ce bruit de fond, mais reste que je me lève plutôt fatigué.


Je prépare les équipements, je m’enfile un café, je prends 2 rôties et je quitte la maison pour me diriger sur la côte où je trouverai un phare. La pluie a cessé, mais le vent souffle toujours aussi fort. Je ne m’attendais pas à moins en venant aux îles de la Madeleine. J’apporte avec moi ma caméra vidéo. J’ai décidé ce matin de réaliser une vidéo que je publierai sur ma chaîne Youtube. J’aime bien montrer en image les coulisses de mes prises de vue. Je crois qu’on en saisit un peu plus la complexité parfois, l’effort déployé pour arriver à de belles photographies. On y voit les hauts et les bas, de la pratique de la photographie nature.


J’arrive sur la petite plage où je débute mes prises de vue. J’explique à la caméra ce que je m’apprête à faire. Lorsque je filme des capsules vidéos, je dois tout de même avouer que je ne m’imprègne pas autant dans le moment que je ne le ferais normalement. Mon attention est dirigée ailleurs que sur le terrain, sur la photo, sur les éléments qui m’entourent. Je suis plus négligent sur certains aspects, et ce matin, ça aura un impact considérable sur le restant de mon voyage.



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Alors que je parle à la caméra, une bourrasque de vent renverse mon appareil photo et le projette au sol dans le sable. Fort heureusement, il tombe dans le sable, pas sur un rocher ni sur des galets. Mais tout de même, il fait une bonne chute. Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est le sable. Celui-ci est un redoutable ennemi en photographie. Les petits grains peuvent s’infiltrer partout : dans les boutons, dans les molettes, dans les bagues de zoom ou de mise au point, dans la baïonnette, etc. Il faut faire extrêmement attention. Et lorsque mon appareil tombe au sol, non seulement il se recouvre de sable mouillé, mais certains grains entrent dans le mécanisme du zoom, probablement poussé par l’impact. Je prends soin de tout nettoyer avant de réutiliser l’objectif, mais le mal est fait. Ne pas utiliser cet objectif est inimaginable pour moi. Pendant deux semaines, je devrai m’en passer, ou du moins l’utiliser le moins possible. Alors j’ai une seule image de prise, et mon appareil est tombé au sol. Je suis fatigué. Disons que le moral n’est pas vraiment là. Les couleurs ne viennent jamais, le ciel est nuageux et fade. Définitivement, j’aurais dû rester couché ce matin. C’est aussi ça, la photographie nature. C’est difficile sur l’équipement, sur le moral, sur le physique. Ça ne va pas toujours bien. Ce n’est pas toujours agréable. Au final, on apprend toujours, on apprécie tout de même d’être là. Mais sur le coup, pour être bien honnête, j’aurais bien aimé être resté à la maison et ne pas être là.


Je tente bien que mal de rester focus et de mettre cette péripétie derrière moi pour le reste de la matinée. Les textures dans les falaises sont magnifiques. Les motifs rappellent une certaine aridité. Les flans sont dénudés de végétation. On croirait à un climat désertique si on ne regardait que ces agencements.

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